Pendant que Bernadette, ultime relique d'une France qui sentait la naphtaline et la tisane, rendait l’âme à 93 piges pour aller rejoindre le néant, dans le Sud, on célébrait la vie, la vraie, la joyeuse ! À Toulouse, ville rose (et surtout rouge de honte), le samedi 21 mars dernier, un jeune premier de 18 ans a décidé que le vêtement était une entrave bourgeoise à son épanouissement personnel.
Imaginez la scène : le petit matin à la gare Matabiau. Les voyageurs, le teint blafard, traînant leurs valises comme des boulets de forçat, s'apprêtent à subir le plaisir du rail. Soudain, surgit un Apollon. Non pas un Apollon de marbre, mais un Apollon à poil, défoncé à la poudre et au gros rouge qui tache. Le mec, en pleine communion avec la nature urbaine, commence à distribuer des mandales et des amabilités aux passants. C’est ça, la culture française : on ne se serre plus la main, on se rentre dans le lard.
Mais le clou du spectacle, c’est quand la maréchaussée, cette ennemie de la liberté artistique, rapplique en trombe. Là, notre héros, en authentique poète dadaïste, ne se démonte pas. Il se plante devant le carrosse des flics, lève un doigt d’honneur vers le ciel pour saluer la morale, et, geste d'une subtilité rare, écarte les fessiers pour offrir aux représentants de l'ordre une vue panoramique sur son fondement. Une étude anatomique gratuite, en gros plan, offerte par un artiste incompris. Quel sens du service public !
Évidemment, les flics, manquant cruellement de culture et de second degré, ont moyennement apprécié la rétrospective anale. Ils l’ont plaqué, lui ont remis un pantalon (quelle censure atroce !) et l’ont embarqué. Bilan des courses : alcool, stupéfiants, exhibition sexuelle, rébellion, violences, menaces de mort et même un bonus « violation de domicile ». Un palmarès qui force le respect.
Le tribunal, dans un élan de sagesse républicaine, a décidé de l’envoyer méditer derrière les barreaux pour sept mois au total. Il est désormais inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles. Voilà le gars classé parmi les grands détraqués, alors qu’il n’était qu’un esthète en quête de lumière.
Bernadette est partie, et avec elle, la politesse et la retenue. Heureusement, la relève est assurée. La jeunesse a le cul à l'air, et franchement, à voir l'état de ce pays, elle a bien raison de nous le montrer.
Source : Actu Toulouse


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