Macron, ou l’art de transformer la France en déchetterie à ciel ouvert


C’est à se demander si la santé des Français n’est pas devenue le papier toilette personnel d'un président Français. Que ce soit les pesticides, le cadmium ou d’autres joyeusetés chimiques, notre président préféré semble s’en torcher allègrement l’auguste postérieur. 


On croirait presque l’entendre murmurer, entre deux sourires en coin : « Vous pouvez tous crever, moi, je suis soigné par les meilleurs médecins de la planète. » Normal, après tout : quand on est le roi des mouches, le soucoupiste en chef sur lequel se posent tous les diptères de la République, on a droit aux sommités mondiales. Pas comme nous, pauvres ploucs des campagnes, condamnés à nous contenter de toubibs de province. Lui, il gouverne ? Non, il dicte. Comme un gamin gâté qui tape du pied en hurlant « C’est moi qui l’ai dit ! » entre deux « En même temps… » et trois « Quoi qu’il en coûte ».

Ce triste frelon du Palais de l’Élysée nous regarde donc, depuis son perchoir doré, en nous chiant dessus avec la décontraction d’une vache qui lâche sa bouse dans un pré. Et pendant ce temps, le cadmium, ce joli métal lourd aussi toxique qu’un discours de ministre, continue de nous empoisonner tranquillement.

En 2019, l’Anses sonnait l’alarme : les Français étaient gorgés de cadmium jusqu’à la moelle, et il fallait agir, vite. Nous voilà en 2026, et les recommandations de l’Agence attendent toujours sagement leur tour dans un tiroir ministériel. Le ver luisant des couloirs du pouvoir et ses apôtres en costume-cravate préfèrent visiblement nous voir crever en récitant leur catéchisme : « La France est un grand pays, l’innovation sauvera tout, et puis de toute façon, en même temps… »

Qui se souvient encore de cette intervention du sénateur écologiste Joël Labbé, un 17 novembre 2020, dans l’hémicycle du Luxembourg ? Ce jour-là, le cadmium faisait une entrée remarquée – et remarquée de personne – dans le débat politique. En face, Julien Denormandie, alors ministre de l’Agriculture, jouait les équilibristes : « Il faut impérativement trouver des solutions », déclarait-il, avant d’annoncer, pour l’été 2021, un décret visant à réduire la teneur en cadmium dans les engrais phosphatés. « Cette problématique sanitaire doit être prise au sérieux », ajoutait-il, l’air grave, comme un notaire lisant un testament. Le texte était même prêt, daté du 12 novembre 2020. À l’époque, l’Europe serrait la vis : 60 milligrammes de cadmium par kilo d’anhydride phosphorique, pas un de plus. La France, elle, autorisait encore 90 mg/kg. Certains pays, comme la Finlande ou la Hongrie, faisaient mieux : 20 mg/kg. Mais chez nous, rien. Le décret ? Enterré. Le cadmium ? Toujours là, bien au chaud dans nos sols, nos légumes, nos estomacs.

Pourquoi ? Parce que les lobbies des engrais, ces fantômes en costume trois-pièces qui hantent les couloirs des ministères, ont décidé que non, ça ne se ferait pas. L’Unifa, leur syndicat, assure qu’il n’y a « aucune preuve scientifique » de la dangerosité du cadmium. Très bien. Je propose une petite expérience : qu’ils en mangent matin, midi et soir, pendant dix ans. Si ils crèvent, on saura qu’ils avaient tort. Si ils survivent, on leur offrira une médaille. Après tout, la science, c’est aussi ça : tester sur les volontaires.

Mais non, bien sûr. Les lobbies, ces mafieux en col blanc, préfèrent jouer la montre, comme l’ont fait avant eux ceux du tabac ou de l’amiante. « Pas de preuve ? Pas de problème ! » Et les ministres, ces pantins désarticulés, de Denormandie à ses successeurs, hommes ou femmes, n’ont jamais eu les couilles de s’attaquer à ces parrains en costume. Résultat : on continue à avaler du cadmium comme on avale les promesses électorales – avec la certitude que ça nous tuera à petit feu.

Et pendant ce temps, Macron et sa clique nous servent leur sempiternelle reponse : « La France est un grand pays, l’innovation sauvera tout, et puis de toute façon, en même temps… » On se croirait dans un sketch des Inconnus, sauf que la blague, c’est nous qui la payons. Cash.

Alors, à quand la révolution citoyenne ? Pas celle de 1789, cette mascarade où la bourgeoisie a simplement remplacé les aristos au pouvoir. Non, une vraie révolution. Celle où le peuple, excédé, sortira enfin les doigts du cul pour dire stop. Parce qu’à ce rythme, on va bientôt rejoindre le club très sélect des pays sous-développés. Et ça, même pour Macron, ce serait une tache indélébile sur son costume de roi des mouches.

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