Affaire Lyhanna : Darmanin choqué par un système qu’il dirige

 Voici la suite après la découverte du corps de la pauvre petite Lyhanna. C'est l'agitation au sommet de l'état, dans les ministères, au parlement, au palais du luxembourdg on entend un sénateur bien connus qui grogne entre deux morceaux de gâteau...

Plus tôt dans la journée, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, déclarait qu'elle « partage l’indignation de tous les Français » face à ces dysfonctionnements et plaidait pour « continuer à augmenter les moyens de la justice ».

Une déclaration tellement prévisible qu'on pourrait probablement la faire réciter par un perroquet dressé à chaque fait divers dramatique. Appuyez sur le bouton "indignation", ajoutez une pincée de "moyens supplémentaires", secouez bien et voilà : le communiqué officiel est prêt.

Puis arrive un autre expert en consternation institutionnelle, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, qui nous explique que « nous sommes tous terrifiés par ce dysfonctionnement » et que cela révèle que nous ne prenons pas suffisamment au sérieux la parole des enfants.

Ah bon ? Quelle découverte extraordinaire ! On dirait un étudiant fraîchement débarqué de sa première année de droit qui découvre soudain que le monde réel n'est pas un épisode de dessin animé. Pourtant, ces gens gouvernent, légifèrent, administrent et occupent des postes à responsabilités depuis des années. Mais à chaque drame, les voilà qui semblent tomber des nues, comme si personne ne leur avait jamais parlé des failles du système.

Alors une question me vient : pourquoi ces responsables politiques s'étonnent-ils aujourd'hui de problèmes qu'ils étaient censés combattre hier ? Pourquoi cette perpétuelle surprise de façade ? À les entendre, on croirait assister à une réunion d'anciens étudiants découvrant avec effroi que des criminels existent.

Il faudrait peut-être arrêter de prendre les citoyens pour des imbéciles. Personne n'est obligé de jouer cette pièce de théâtre jusqu'au bout. On connaît déjà le scénario : quelques déclarations indignées, des plateaux télé saturés de grands discours, des promesses de réformes historiques, puis une nouvelle couche de lois qui viendra s'empiler sur les précédentes dans un magnifique mille-feuille législatif dont personne ne sait vraiment comment il fonctionne. Beaucoup de communication, peu de résultats, et parfois davantage d'atteintes aux libertés individuelles que de solutions concrètes.

Mais au fond, qu'ont-ils réellement fait pour protéger les citoyens au fil des années ? Beaucoup de discours. Beaucoup de conférences. Beaucoup de commissions. Une quantité industrielle de mots destinés à rassurer les médias, les commentateurs politiques et les opposants du moment.

Car il faut bien reconnaître une chose : à droite comme à gauche, chacun a eu sa part de responsabilité. Chacun a regardé passer le train, en expliquant qu'il fallait d'abord commander une étude pour vérifier qu'il s'agissait bien d'un train.

Aujourd'hui, parce qu'un nouveau drame frappe un enfant et malheureusement ce ne sera sans doute pas le dernier, toute la classe politique s'agite comme une troupe de pompiers arrivant triomphalement sur les lieux après l'incendie. Chacun veut montrer son émotion. Chacun veut démontrer sa détermination. Chacun veut apparaître dans la photo de famille de l'indignation nationale.

Mais tout cela ressemble surtout à du vent. Du vent soigneusement emballé, médiatiquement calibré et distribué à heure fixe.

On déplacera peut-être un procureur. On convoquera un responsable. On ouvrira une enquête administrative. On annoncera des mesures fortes. Puis le temps fera son œuvre. Les rapports prendront la poussière dans quelque armoire ministérielle. Les caméras partiront ailleurs. L'actualité changera de sujet.

Et lorsque le calme sera revenu, chacun pourra se féliciter d'avoir « beaucoup travaillé » et « fait avancer les choses », sans que grand-chose n'ait réellement changé.

Continuez donc à vous congratuler entre deux conférences de presse. Continuez à vous taper sur le ventre en célébrant vos grandes avancées administratives.

Pendant ce temps, les citoyens observent ce spectacle qui ressemble de plus en plus à un épisode du Muppet Show où les marionnettes jouent aux dirigeants tandis que les problèmes, eux, restent bien réels.

Et ce qui est peut-être le plus inquiétant, c'est cette impression grandissante que nos institutions consacrent parfois davantage d'énergie à gérer les conséquences qu'à prévenir les drames. On réagit, on commente, on s'indigne, mais on peine à agir efficacement.

Le plus ironique dans tout cela, c'est que chaque gouvernement prétend découvrir les mêmes problèmes que le précédent. Comme si la mémoire politique durait moins longtemps qu'une publication sur les réseaux sociaux.

À force de recycler les mêmes discours, les mêmes promesses et les mêmes indignations de circonstance, il devient difficile de distinguer la sincérité de la mise en scène. Et lorsque les citoyens cessent de croire aux paroles de ceux qui les dirigent, ce n'est plus seulement la confiance qui disparaît : c'est la crédibilité même de la parole publique qui finit par s'effondrer.


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