Le couple Chirac fait son retour au paradis, Dieu demande le rembourssement des frais de bouche !

(chronique nécro-satirique d’un pays imaginaire où tout le monde ment, surtout les vivants)

Elle est morte, La pompadure, la dame à 1500 balles la mise en plis, celle dont la coiffure coûtait plus cher qu’un SMIC mais ressemblait quand même à un hérisson tombé dans une friteuse. Les archéologues du futur vont la retrouver intacte et croire que c’était un casque de gladiateur.


Chaque semaine, le coiffeur de clodos de luxe lui refaisait son casque capillaire, histoire qu’elle ne ressemble pas trop à la décadence du Royaume de Françouille, dont elle était pourtant l’ambassadrice officieuse.

Madame De‑Machin, Première Dame, Dernière Dame, Dame de Pique, Dame de Fer, Dame de Rien, comme on voudra,  a cassé sa pipe à 93 ans, l’âge où même les fantômes demandent une pause.

Elle gouvernait dans l’ombre de son mari, Jacouille la Fripouille, un souverain dont le QI oscillait entre celui d’un presse‑purée rouillé et celui d’un pigeon bourré à la gnôle de patate. 

Parmi les éplorés, on trouve Dave le jeune jacouilleux, son protégé, son poulain, son pantin, son bibelot politique. Elle l’avait mis sur un piédestal comme on pose un nain de jardin : pour décorer, pas pour qu’il serve à quelque chose.

Il lui rend hommage, la voix tremblante, mais on ne sait pas trop si c’est pour elle ou pour les Piécettes Jaunes qu’elle gardait dans son sac comme un dragon garde son trésor.
La moitié pour les hôpitaux, l’autre moitié pour elle, David, et les frais de pressing du sac en cuir d’autruche.

 
Le train des Piécettes Jaunes, cette caravane de tirelires ambulantes, a permis au couple Choucroute de devenir aussi célèbre que Bonnie et Clyde, mais version monnaie de singe.
Combien ça rapportait ? Personne n’a jamais osé le dire. On risquait de finir avec une balle dans la tête tirée par les Services Secrets de la Choucrouterie.

David est en deuil, paraît-il. Il pleure comme un prêtre égyptien sa Chichicamon, la papesse égyptienne imaginaire qu’il confond depuis qu’il a sniffé trop de naphtaline dans les couloirs du palais.

Elle rencontre Jacouille dans les marais obscurs d’un lieu réservé aux princes qu’on essore comme des serpillères.

Lui, déjà à moitié bourré.
Elle, déjà à moitié ambitieuse.
Il sera sa marionnette.
Elle sera son gourou.
Le duo parfait pour foutre un royaume dans un état de semi‑coma administratif. 

Et maintenant, tout le monde lui rend hommage : les disc‑jockeys,
les premiers sinistres,
les seconds couteaux,
les troisièmes couteaux rouillés,
les faux culs professionnels,
les girouettes certifiées.

Chacun y va de sa petite larme en plastique biodégradable, juste assez pour passer au JT de 20h.

La droite pleure.
La gauche se dé-gauchise pour pleurer aussi.
Les centristes pleurent parce qu’ils ne savent jamais quoi faire.
Même Line Renaude, qui ne sait plus où elle habite, lui rend hommage en confondant tout le monde avec tout le monde. 

Un ancien président imaginaire déclare :
« La Nation perd une femme qui l’a toujours servie avec son fric et ses piécettes. »
Il le pense et ça fait bien dans les journaux.

Xavier Girouette, président d’ici, d’ailleurs et de nulle part, affirme qu’elle restera dans les mémoires. Il ment en Allemand, mais il ment avec élégance, ce qui est rare. 

Malgré tout ce que son mari a foutu en l’air, elle a su rester derrière le rideau pour mieux tirer les ficelles. Les légendes urbaines disent même qu’elle était accrochée au rideau pour ne pas être expulsée du Palais de la Pompadour.

Mais ça, c’est une autre histoire.
Une histoire à dormir debout.
Comme celle que je viens de vous livrer.

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