La petite Lyhanna est morte, massacrée. Les voilà qui s'agitent, nos ministres, ceux de l’Intérieur et des Sceaux d’eau, ces pantins articulés par la panique. Ils se justifient, ils bégayent, ils sont scandalisés, mais attention :
pas par le meurtre, non, par le scandale médiatique, par le vernis qui
craque, par le laxisme crasse de leur police et de leur magistrature.
Ils nous servent la soupe des moyens financiers, comme si on les payait à la petite semaine avec des cacahuètes moisies. D’autres braillent des sanctions à tous les niveaux, une purge de carnaval. Mais si on réfléchit deux secondes avec le peu de cervelle qui nous reste, ce sont les ministres qu’il faut virer en premier, les foutre à la porte à coups de pompes dans le train.
Le dysfonctionnement est total, permanent, c’est le régime de croisière. Pour la victime de base, le petit citoyen qui se fait voler, taper, dégrader, c’est le silence radio. Mais pour le crime, le vrai, celui qui dégueule, là on fait semblant de s’éveiller de son hibernation. Certains magistrats sont corrompus, on le sait, la drogue circule dans les couloirs du Palais, elle circule même dans les veines de la République. D’autres sont incompétents, des vieux schnocks séniles érigés en grands sages intouchables, des papes de la justice dont la seule puissance est la lenteur. Le premier sinistre, le chef de la bande, celui qui assume et qui signe mais qui ne comprend rien à rien, s’est mis en avant, flanqué de ses deux ministres ridicules. C’est le défilé des guignols après chaque horreur, une répétition générale pour la prochaine, car il y en aura d’autres, c’est écrit dans le marbre de notre décrépitude.
Notre moine espagnol, ce grand mufti de France, ce soldat templier de la messe macroniste, il les couve, ses ministres, il les protège dans la tempête. Ils sont innocents, disent-ils, ils découvrent le monde, ils sortaient juste d’hibernation, ils ignoraient ce monde de merde. Ah, les pauvres chéris. Ils n’ont rien fait, effectivement, à part encaisser le chèque de fin de mois et les avantages, le confort, la soie, les privilèges. Ils ne sont pas les seuls coupables, la liste est longue comme un inventaire de boucherie, les enfants tués sont légion, mais ils sont là, aux commandes, à la tête du naufrage. Le moine templier nous sort la panacée, il veut changer la loi, passer à la perpétuité, la vraie, la dure. Quelle vaste rigolade, quel discours d’hypocrite achevé. En France, la perpétuité, c’est une plaisanterie, c’est 30 ans sur le papier, 15 ans avec les remises de peine, les experts psy qui vous trouvent des circonstances atténuantes et les droits de l’homme qui servent de tapis rouge pour la sortie. S’il a un petit rhume, on le libère pour ne pas froisser sa santé fragile.
Gérald Darmanin répète qu’il reste, qu’il ne lâche rien. La responsabilité institutionnelle, le concept est pratique pour ne jamais être coupable politiquement. Quitter le bateau en tempête, le courage immonde du type qui s’accroche au bastingage parce que la place est bonne. Laurent Nuñez, l’autre ministre, renchérit : il n’est pas propriétaire de sa charge. Non, il est juste un morpion agrippé au poil pubien de l’institution. On les voit, on les contemple, ces gens-là, tellement contents de leur pouvoir, tellement terrifiés à l’idée de redevenir des citoyens ordinaires.
Le programme du moine est simple : il va demander à son grand maître une loi miracle, une retouche de façade, un truc qui ne sera jamais appliqué puisque ce qui existe déjà ne l’est pas. On va muter des flics, suspendre des juges, faire tourner le carrousel judiciaire autour du vide. Il ne se passera rien, le résultat sera le même, mes prédictions sont de l’acier trempé. D’autres enfants croiseront l’ogre, le monstre des contes de Grimm, le sorcier qui désintègre les âmes, et on aura droit au même cirque médiatique, aux mêmes plateaux saturés, aux mêmes visages larmoyants jusqu’à l’oubli. Nos contes de fées sont des reportages en direct. Il n’y a pas de miracles, il n’y a que le folklore des bigotes édentées qui prient dans le noir. Jérôme Barella, lui, attend dans sa prison dorée, soigné, chouchouté, sporté, massé, oubliant son futur procès, protégé par son silence. Pendant ce temps, les familles pleurent, le deuil est une chimère, et le monstre attend la suite, comme nous, dans ce pays qui sombre en rigolant.
Source : Médiaparte la corruption
Source : Politis


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