Pierre-Edouard STERIN, le milliardaire qui trouve que le RN est un clan de gauchiste.

Vous pensiez que Marine Le Pen mangeait des enfants au petit-déjeuner et que Jordan Bardella était le summum du capitalisme à mèche ? Détrompez-vous ! 
 
 Pierre-Edouard Stérin, dans ses bureaux à Paris, le 30 mars 2023. (Roberto Frankenberg)
 
Un homme, confortablement installé en Belgique pour échapper à l'enfer fiscal des hôpitaux et des écoles publiques françaises, trouve que nos fachos nationaux ont la main un peu trop tendre. Portrait de Pierre-Édouard Stérin, le roi du coffret cadeau qui veut offrir la France au Bon Dieu et à la sainte matraque. 
 
Du redoublement scolaire au braquage légal

Dieu a de l'humour, c'est certain. Prenez Pierrot. Le gars loupe son bac, redouble deux fois, rame à la fac, mais finit par comprendre le plus grand secret du capitalisme moderne : comment vendre du vent.

En 2003, il lance Smartbox. Le concept est sublime de bêtise, donc génial : vous achetez un carton contenant un "saut à l’élastique en Lozère" pour l'offrir à votre belle-mère. Votre belle-mère perd le carton sous le canapé. Le carton périme. Pierrot garde l’argent sans jamais avoir eu à gonfler un élastique. C’est ce qu'on appelle la "déprise". Dans le jargon des honnêtes gens, on appelle ça un braquage passif-agressif. Avec ça, notre homme pèse plus d'un milliard d'euros.

Mais attention, Pierre-Édouard est un homme pieux. Pas le genre de milliardaire vulgaire qui claque tout en yachts et en coke. Non, lui, il préfère le exil fiscal à Ohain, en Belgique, depuis 2012. C’est bien connu, Jésus a dit : « Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche de payer ses impôts en France. »
 
 Trop à gauche, la Marine !

Une fois les poches pleines de l'argent des tantes étourdies, Pierrot s'est trouvé une nouvelle passion : la politique. Mais pas la politique de rigolos.

Quand il regarde le Rassemblement National, le milliardaire soupire. Pour lui, Bardella et Le Pen, c'est quasiment le Front de Gauche. Pensez donc : le RN veut garder la retraite à 64 ans (parfois), parle d’aides sociales (pour les vrais Français, certes, mais des aides quand même) et défend l'État. Horreur ! Blasphème !

Stérin, lui, est un libertarien de droite extrême. Son rêve ? Moins d'État, plus d'impôts du tout, la fin des allocations, et le retour au Moyen Âge économique où le patron a droit de vie et de mort sur le serf. Pour lui, le RN actuel est un parti d'assistés qui s'ignore.
 
Le Projet « Périclès » : La potion magique pour droitiser le facho

Pour corriger ce laxisme rampant, Pierrot a sorti le chéquier : 150 millions d'euros sur la table pour financer le projet Périclès. Un acronyme poétique qui veut dire, en gros : « Chrétiens, Identitaires, Souverainistes et pas de profs syndiqués ».

Le plan est simple comme une boîte Smartbox :


1. Financer des think-tanks pour expliquer que l'immigration va détruire le camembert.
2. Acheter des instituts de sondage pour prouver que 99 % des Français ont peur de leur ombre.
3. Former des candidats bien obéissants pour les municipales de 2026.

Et au milieu de cette pépinière, il y a le petit Jordan. Le jeune Bardella, les dents tellement longues qu’elles rayent le parquet de l'Assemblée, écoute sagement les conseils du tonton milliardaire. Les observateurs s'accordent à dire que le jeune loup, bien peigné et docile, finira numéro un du mouvement en appliquant la méthode Stérin : un vernis bien lisse pour la ménagère, mais un programme économique ultra-capitaliste validé par le banquier de l'ombre.
 
Un milliard pour le Christ (et pour la remigration)

Récemment convoqué devant le Sénat pour s'expliquer sur ses millions qui arrosent la politique en douce, Pierrot est apparu tout sourire derrière sa webcam belge. Il l'assume : il veut utiliser sa fortune pour le "Bien Commun" et pour "le Christ".

Par "Bien Commun", comprenez : la lutte contre l'IVG, le combat contre les droits LGBT, et une petite obsession pour la "remigration" et la natalité "de souche européenne". Bref, les Évangiles revus et corrigés par un actionnaire de fonds de pension.
Alors, elle est pas belle la France de demain ? Un pays géré comme un coffret cadeau périmé, où vous n'aurez plus de retraite, plus de sécurité sociale, mais où vous aurez le droit d'aller à la messe en uniforme pour remercier un milliardaire expatrié. Merci qui ? Merci Pierrot !

Commentaires