Sur cette planète où les monstres, les diables et les abrutis semblent s’être reproduits plus vite que les moustiques en été, il reste malgré tout un truc qu’on n’attendait plus: un petit espoir.
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Esteban, Ivad et Axel, sur le pont de Cartignies (Nord) où s'est déroulé l'accident. |
Oui, un vrai, pas celui qu’on nous sert dans les discours politiques ou les pubs pour mutuelles. Il existe encore des histoires qui se terminent autrement qu’en catastrophe, et même quelques jeunes qui ne sont pas des graines pourries. Incroyable, je sais. On passe tellement de temps à les traiter de bons à rien qu’on en oublie qu’ils peuvent parfois faire mieux que les adultes.
À Cartignies, dans le Nord, quatre gamins qui jouaient au foot ont entendu un bruit pas prévu dans le match. Une voiture venait de se vautrer dans l’Helpe mineure, comme si elle avait décidé de tester la résistance de l’eau. Les quatre se pointent, voient une bagnole retournée comme une crêpe ratée, et au lieu de sortir leur téléphone pour filmer, ils se jettent dedans. Oui, dans l’eau. Froide. Sale. Avec de la vase, des orties et probablement deux ou trois poissons traumatisés.
Ils n’ont pas réfléchi. À 18 ans, on réfléchit rarement, mais pour une fois, ça a servi. Ils ont tenté d’ouvrir les portes sous la pression de l’eau, ce qui est à peu près aussi simple que d’ouvrir une boîte de conserve avec les dents. Cinq minutes d’effort, une éternité dans leur tête, et deux vies sorties de la flotte. Pas mal pour des jeunes qu’on accuse de ne penser qu’à TikTok.
Les habitants du coin les acclament. On entend des phrases comme: ce sont des héros, ils n’ont pas eu peur, à 18 ans c’est jeune. Comme quoi, quand la France veut dire merci, elle sait encore aligner trois mots sans râler.
Les victimes, elles, s’en sortent indemnes. Elles ont été emmenées à l’hôpital, probablement encore en train de se demander comment elles ont réussi à rater un virage aussi large qu’un mensonge électoral. Les quatre sauveteurs, eux, seront mis à l’honneur le 14 juillet. Une fête nationale avec des jeunes qui sauvent des vies, ça change des pétards qui explosent dans les mains des imbéciles.
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| le pont sur lequel les jeunes ont vu la voiture dans le lit de la rivière. |
Et c’est là qu’on se dit que tout n’est peut-être pas foutu. Dans cette jeunesse qu’on accuse de tout, il y en a encore qui se mouillent pour sauver des inconnus. Littéralement. Les deux victimes pourront les remercier jusqu’à la fin de leurs jours d’avoir eu droit à une seconde chance. Reste à savoir s’ils en feront quelque chose de malin. L’avenir nous le dira, ou pas.
En attendant, qu’on fasse tourner cette histoire. Qu’on la montre aux névrosés du quotidien, aux stressés chroniques, aux prophètes de malheur, à ceux qui pensent que la fin du monde arrive tous les matins. Qu’on la montre aussi à ceux qui voient des solutions extrêmes partout, ou qui pensent que tout est perdu.
Parce que dans les ténèbres qu’on nous impose, il reste une petite lumière. Elle n’est pas très grande, elle clignote un peu, mais elle existe. Elle porte un short de foot, elle sent la vase, et elle a sauté dans une rivière pour sauver deux vies.
Source : France 3 infos


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